Plusieurs personnalités ont pris part, le vendredi 7 août 2026, à la soutenance de mémoire de l’impétrante Corinne Phizemy, au Campus I de l’Université Saint François d’Assise (USFAH), situé à la rue Charbonnière, Delmas 33. Parmi les personnalités présentes figuraient le Doyen de la Faculté de Droit, le très respecté Me Audain Cadet, des étudiants de ladite Faculté ainsi que des proches de l’impétrante.
Dans son mémoire de sortie pour l’obtention du grade de licenciée en Droit, intitulé "La Direction Centrale de la Police Judiciaire à l’épreuve de la lutte contre l’insécurité pour une justice pénale efficace en Haïti, de 2015 à 2025", Corinne Phizemy s’est proposée d’analyser de manière critique la contribution de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) à la justice pénale haïtienne, afin d’identifier les causes de son inefficacité et de proposer des solutions concrètes.
À travers ce travail de recherche, l’impétrante a notamment cherché à examiner les fondements théoriques du rôle de la police judiciaire, à étudier le cadre juridico-institutionnel haïtien et à évaluer les pratiques opérationnelles de la DCPJ. L’objectif était de mettre en évidence les causes et les conséquences de son inefficacité, en vue de formuler des recommandations susceptibles d’améliorer son fonctionnement et ses résultats. Cette démarche s’inscrit dans une volonté plus large de contribuer à la lutte contre l’insécurité en Haïti.
Selon Me Phizemy, plusieurs facteurs expliquent l’inefficacité de la DCPJ, notamment les contraintes économiques et financières, le déficit en ressources humaines qualifiées et spécialisées, les pressions exercées sur l’institution ainsi que l’inapplication de la loi. Elle souligne également que cette inefficacité entraîne de graves conséquences sur la justice pénale et la sécurité publique, parmi lesquelles la persistance de l’impunité et l’échec des poursuites pénales, la surpopulation carcérale et la prolongation de la détention préventive, la perte de crédibilité de la police judiciaire et de la justice pénale, ainsi que l’aggravation de l’insécurité et la consolidation des groupes criminels.
Dans son analyse, Me Corinne Phizemy relève par ailleurs l’insuffisance des textes légaux encadrant la DCPJ, les limites du cadre administratif et hiérarchique de la Police nationale d’Haïti (PNH), la faiblesse du système de justice pénale, les problèmes de gouvernance ainsi que l’absence d’une politique criminelle cohérente et durable en Haïti.
Pour renforcer la capacité opérationnelle de la DCPJ, l’impétrante recommande notamment le renforcement des moyens matériels, technologiques et logistiques, l’instauration d’une autonomie budgétaire encadrée de la DCPJ, la formation continue et la spécialisation des enquêteurs, l’amélioration de la coordination entre la DCPJ et les acteurs de la justice pénale, ainsi que le renforcement de la coopération internationale et l’adoption d’une politique criminelle adaptée aux réalités haïtiennes.
Après son exposé et avoir répondu aux différentes questions qui lui ont été posées par les membres du jury, Corinne Phizemy s’est vu attribuer la note de 83 sur 100, avec les félicitations du jury. Le jury lui a toutefois demandé d’apporter quelques modifications à son travail de recherche afin de le peaufiner avant sa version finale.
L’Université Saint François d’Assise (USFAH), convaincue que seule une justice forte, une société fondée sur l’État de droit et une justice impartiale peuvent contribuer à bâtir l’Haïti dont nous rêvons, réaffirme son engagement à mettre à la disposition du secteur judiciaire haïtien des professionnels compétents, bien formés et capables de contribuer efficacement à la lutte pour une Haïti où la justice pourra pleinement jouer son rôle comme le veut le président du Conseil de l’Université Monsieur Yma Descollines.
Bureau de Communication USFAH
